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Indemnisation pour correspondance manquée : qui est responsable et pourquoi ces réclamations sont presque impossibles à gagner sans assistance juridique

Une correspondance manquée fait partie des situations les plus complexes en matière de droits des passagers aériens. Contrairement à un simple retard ou à une annulation de vol, ce type de dossier implique très souvent plusieurs segments de vol, différentes compagnies aériennes, des aéroports de transit internationaux et des régimes juridiques qui se chevauchent.

C’est précisément pour cette raison que les demandes d’indemnisation pour vol avec correspondance manquée sont systématiquement rejetées par les compagnies aériennes. En pratique, une réalité s’impose :
sans assistance juridique professionnelle, ces réclamations ont très peu de chances d’aboutir.

Dans cet article, nous expliquons qui peut être tenu responsable, quand le règlement européen CE 261/2004 s’applique, quand c’est la Convention de Montréal qui prévaut, et pourquoi les démarches effectuées seul conduisent presque toujours à un refus.


Qu’est-ce qu’une correspondance manquée d’un point de vue juridique ?

Une correspondance manquée survient lorsqu’un passager ne peut pas embarquer sur son vol suivant en raison d’un retard, d’une annulation ou d’un problème opérationnel sur le vol précédent.

Sur le plan juridique, ces situations impliquent souvent :

  • plusieurs segments au sein d’un même voyage ;

  • le respect ou non du temps minimum de correspondance (MCT) ;

  • des compagnies aériennes différentes (opératrices ou commerciales) ;

  • la preuve du lien de causalité entre le retard initial et la correspondance manquée.

Dès ce stade, le dossier dépasse largement une réclamation standard.


Qui est responsable en cas de correspondance manquée ?

1. Réservation unique ou billets séparés

La responsabilité dépend en grande partie de la structure de la réservation.

  • Réservation unique :
    la compagnie aérienne peut être responsable du retard à l’arrivée finale.

  • Billets séparés :
    les compagnies rejettent presque systématiquement toute responsabilité, même en cas de faute avérée.

Cette distinction est fréquemment utilisée pour justifier des refus automatiques.


2. Plusieurs compagnies et vols interline

Les correspondances manquées impliquent souvent :

  • des vols en partage de code (codeshare) ;

  • des accords interline ;

  • plusieurs transporteurs au cours d’un même itinéraire.

Scénario typique :

  • la première compagnie renvoie vers la seconde ;

  • la seconde nie toute responsabilité ;

  • le passager se retrouve sans indemnisation.

Sans analyse juridique, la responsabilité est volontairement diluée.


Le règlement CE 261/2004 s’applique-t-il aux correspondances manquées ?

Le règlement européen CE 261/2004 peut s’appliquer, mais uniquement sous certaines conditions strictes.

Il est applicable si :

  • le voyage a été acheté sous une seule réservation ;

  • le départ a eu lieu depuis l’UE ou le vol est opéré par une compagnie européenne ;

  • le retard à l’arrivée finale est d’au moins trois heures.

Les compagnies aériennes avancent toutefois fréquemment les arguments suivants :

  • absence de compétence hors UE ;

  • circonstances extraordinaires ;

  • absence de lien juridique entre les segments.

Ces arguments sont souvent contestables, mais redoutablement efficaces face à des passagers non assistés.


Quand le règlement CE 261/2004 ne s’applique pas

Dans de nombreux cas, la correspondance manquée n’entre pas dans le champ du CE 261/2004, notamment lorsque :

  • le voyage commence hors de l’Union européenne ;

  • le segment décisif est opéré par une compagnie non européenne ;

  • le retard survient après une correspondance internationale.

Dans ces situations, c’est la Convention de Montréal qui s’applique.


Convention de Montréal – Article 19 : responsabilité en cas de retard

L’article 19 de la Convention de Montréal prévoit que le transporteur est responsable du dommage causé par un retard, sauf s’il prouve avoir pris toutes les mesures raisonnables pour l’éviter.

Points clés :

  • aucune indemnisation forfaitaire automatique ;

  • obligation de démontrer un préjudice réel et quantifiable ;

  • les demandes standardisées sont très souvent rejetées.

Une stratégie juridique inadaptée conduit presque toujours à un refus.


Pourquoi les compagnies aériennes rejettent systématiquement ces réclamations

Les pratiques les plus courantes incluent :

  • le renvoi de responsabilité entre compagnies ;

  • l’affirmation que le temps de correspondance était suffisant ;

  • la mise en cause du comportement du passager ;

  • une interprétation extensive des circonstances extraordinaires ;

  • l’ignorance volontaire de la Convention de Montréal.

Sans argumentation juridique solide, ces refus ne sont pas remis en cause.


Pourquoi ces dossiers sont presque impossibles à gagner sans assistance juridique

Une réclamation efficace nécessite :

  • le choix du bon cadre juridique dès le départ ;

  • la preuve du lien de causalité ;

  • une communication structurée et juridiquement fondée ;

  • une escalade maîtrisée au moment opportun.

Dans la majorité des cas, les passagers :

  • invoquent un texte inapplicable ;

  • réclament une indemnisation forfaitaire inappropriée ;

  • s’adressent à la mauvaise compagnie ;

  • reçoivent une réponse négative automatique.

Même des dossiers juridiquement valables échouent ainsi.


Pourquoi l’assistance juridique change radicalement l’issue du dossier

Une approche professionnelle repose sur :

  • l’identification du transporteur réellement responsable ;

  • la sélection du cadre juridique pertinent ;

  • l’évitement des demandes juridiquement fragiles ;

  • une argumentation précise et étayée ;

  • une escalade stratégique lorsque nécessaire.

Dans les cas de correspondance manquée, la stratégie détermine le résultat.


Conclusion

L’indemnisation pour correspondance manquée n’est pas une simple formalité, mais un litige complexe en matière de responsabilité aérienne.
Les compagnies aériennes exploitent cette complexité de manière systématique.

Lorsque plusieurs vols, plusieurs compagnies et des correspondances internationales sont en jeu, la difficulté n’est pas accidentelle — elle est structurelle.



Vérifier l’indemnisation

Si votre correspondance a été manquée et que la compagnie aérienne a refusé votre demande, cela ne signifie pas nécessairement que vous n’avez aucun droit.
Dans les dossiers complexes, seule une analyse juridique approfondie permet d’évaluer correctement les chances de succès.

Indemnités de vol et demandes d'indemnisation

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