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Indemnisation des vols hors UE : quand vous pouvez encore être indemnisé (EU261, Convention de Montréal et règles cachées que les compagnies aériennes n’expliquent pas)

 
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Avant de prendre l'avion, les compagnies aériennes doivent vérifier que vous disposez des documents nécessaires pour votre destination.

Si ce n'est pas le cas, elles sont en droit de vous refuser l'embarquement et ne sont pas tenues de vous indemniser:

1. Passeport en cours de validité ou autre pièce d'identité acceptée
2. Visa en cours de validité
3. Preuve du billet de retour
4. Résultat négatif du test Covid-19
5. Formulaire de localisation des passagers

Comme vous êtes arrivé à destination avec un retard de moins de 3 heures, vous ne pouvez malheureusement pas prétendre à une indemnisation.

Étant donné que la compagnie aérienne vous a informé de l'annulation du vol 14 jours avant le départ, vous ne pouvez malheureusement pas prétendre à une indemnisation.

À ne remplir que si la compagnie aérienne n'a pas remboursé ces dépenses et que vous disposez de documents prouvant le paiement :

Nous aurons besoin de quelques détails sur les passagers:

Pourquoi le terme « vol hors UE » est l’un des plus mal compris en matière d’indemnisation aérienne

L’une des raisons les plus fréquentes pour lesquelles les compagnies aériennes rejettent les demandes d’indemnisation est étonnamment simple : elles qualifient la perturbation de « cas de vol hors UE ». Pour de nombreux passagers, cette expression semble définitive — comme si les vols internationaux en dehors de l’Europe étaient automatiquement exclus de toute protection juridique des passagers.

En réalité, cette hypothèse est souvent erronée.

Chaque année, sur des milliers de trajets perturbés, les passagers comprennent mal le fonctionnement réel de l’indemnisation des vols internationaux, de l’indemnisation en cas de retard de vol long-courrier ou encore de l’indemnisation des correspondances manquées hors Europe. Les compagnies aériennes, quant à elles, exploitent ces incompréhensions pour opposer des refus rapides, notamment dans les cas impliquant des itinéraires à plusieurs segments, des vols avec correspondance ou des trajets opérés par des transporteurs à la fois européens et non européens.

Le droit à l’indemnisation aérienne dépend rarement uniquement de la géographie. Il repose sur des éléments juridiques complexes tels que la juridiction de départ, la responsabilité du transporteur aérien effectif, la structure du billet, les règlements applicables en matière d’aviation et les cadres internationaux de protection des passagers. Dans de nombreux cas, les passagers découvrent qu’une indemnisation peut être due même lorsque la perturbation est survenue entièrement en dehors de l’Union européenne.

Comprendre l’interaction entre l’indemnisation prévue par le règlement EU261, le droit international de l’aviation et l’article 19 de la Convention de Montréal est essentiel pour déterminer si une demande d’indemnisation est juridiquement fondée. La distinction entre vols UE et hors UE est souvent moins déterminante que ce que les passagers imaginent, et ignorer cette nuance constitue l’une des raisons principales pour lesquelles des réclamations pourtant valables n’aboutissent jamais.


Ce que signifie réellement « vol hors UE » — et pourquoi cela devient un piège juridique

Le terme « vol hors UE » paraît simple, mais il n’existe aucune définition juridique unique de cette notion en droit de l’indemnisation aérienne. Les passagers l’associent généralement aux vols qui partent d’Europe, arrivent en Europe ou sont entièrement opérés en dehors du territoire européen. Pourtant, l’éligibilité à l’indemnisation dépend de la juridiction applicable, et non de la seule géographie du trajet.

Un vol peut être opéré en dehors de l’Europe tout en restant soumis aux règles européennes d’indemnisation pour retard de vol, aux droits des passagers aériens internationaux ou aux régimes de responsabilité des compagnies aériennes. À l’inverse, un vol impliquant l’Europe peut être exclu du champ d’application du règlement EU261 en fonction du transporteur responsable et de la structure de l’itinéraire.

Les compagnies aériennes s’appuient fréquemment sur des formules simplifiées telles que :

  • « Le vol était en dehors de la juridiction de l’UE »

  • « La législation locale s’applique »

  • « Le règlement européen sur l’indemnisation des passagers ne s’applique pas »

Ces affirmations peuvent sembler juridiquement solides, mais elles ignorent souvent des éléments essentiels comme la règle du billet unique, la protection des correspondances sous un même contrat de transport ou la responsabilité du transporteur aérien effectif. Le droit applicable en cas de perturbation aérienne résulte de plusieurs couches réglementaires qui se chevauchent, incluant la législation européenne sur les droits des passagers, les conventions internationales en matière d’aviation et les cadres régionaux de protection des voyageurs.

Étant donné que ces régimes de responsabilité fonctionnent simultanément, les passagers sont fréquemment confrontés à des conflits de juridiction impliquant plusieurs systèmes juridiques. Ces conflits conduisent souvent à des refus d’indemnisation injustifiés, en particulier dans les voyages internationaux avec hubs de correspondance, vols en partage de code ou alliances aériennes mixtes.


Quand le règlement EU261 s’applique même si le vol a eu lieu hors de l’UE

Le règlement européen CE 261 demeure l’un des dispositifs de protection des passagers aériens les plus puissants au monde. Pourtant, de nombreux voyageurs pensent à tort qu’il ne s’applique qu’aux vols opérant physiquement dans l’espace aérien européen. En pratique, les règles d’indemnisation EU261 s’étendent bien au-delà des frontières de l’Europe.

Départ depuis l’UE : pourquoi le premier vol détermine l’ensemble du voyage

Lorsqu’un itinéraire commence dans l’Union européenne et qu’il est réservé sous un billet unique, le règlement EU261 s’applique généralement à l’intégralité du voyage, même si la perturbation survient lors d’un vol de correspondance hors d’Europe.

Ce principe est l’un des aspects les plus mal compris de l’indemnisation des vols internationaux. Les compagnies aériennes évaluent souvent chaque segment de vol de manière isolée, alors que le règlement EU261 considère fréquemment le trajet comme un contrat de transport unique. Ainsi, un retard ou une annulation sur une correspondance long-courrier peut ouvrir droit à une indemnisation dès lors que le départ initial a eu lieu depuis un aéroport de l’UE.

Les passagers voyageant sur des itinéraires intercontinentaux avec correspondances, des routes long-courriers via des hubs internationaux ou des billets multi-segments négligent souvent cette règle. L’éligibilité à l’indemnisation dépend très souvent du fait que les vols aient été réservés sous une seule et même réservation plutôt que sous des billets séparés.


Les compagnies aériennes européennes opérant des vols hors d’Europe

Le règlement EU261 peut également s’appliquer lorsque qu’une compagnie aérienne européenne opère un vol à destination de l’Union européenne depuis un aéroport situé hors UE. Cette disposition protège les passagers sur les routes internationales entrantes opérées par des transporteurs européens, notamment depuis l’Amérique du Nord, le Moyen-Orient, l’Asie ou l’Afrique.

Cependant, l’éligibilité dépend le plus souvent de l’identité du transporteur aérien effectif, et non de la compagnie qui a vendu le billet. Les vols en partage de code, les alliances aériennes et les contrats de location avec équipage (wet lease) compliquent fréquemment la détermination de la responsabilité.


Correspondances et correspondances manquées hors d’Europe

Les demandes d’indemnisation pour correspondance manquée surviennent fréquemment lorsque des retards affectent des segments intermédiaires. Selon le règlement EU261, une correspondance manquée peut être indemnisable lorsque :

  • Les vols sont réservés sous un billet unique

  • Le retard à l’arrivée finale dépasse les seuils d’indemnisation

  • La perturbation provient d’un segment couvert par les droits des passagers de l’UE

Les compagnies aériennes rejettent souvent ces demandes en analysant chaque segment séparément, au lieu de se concentrer sur l’heure d’arrivée finale, qui constitue pourtant le critère juridiquement déterminant selon la jurisprudence européenne.


Quand le règlement EU261 ne s’applique pas — et pourquoi une indemnisation peut néanmoins exister

Il existe des situations légitimes dans lesquelles le règlement EU261 ne s’applique pas, notamment pour des itinéraires opérés entièrement hors d’Europe par des compagnies non européennes, ou pour des voyages réservés via plusieurs billets indépendants sans protection contractuelle des correspondances.

Exemples courants :

  • Vols domestiques en dehors de l’UE

  • Itinéraires avec plusieurs réservations indépendantes

  • Vols opérés exclusivement par des compagnies non européennes entre des destinations hors UE

Toutefois, l’inapplicabilité du règlement EU261 n’exclut pas automatiquement tout droit à indemnisation.


Article 19 de la Convention de Montréal : indemnisation lorsque EU261 ne s’applique pas

La Convention de Montréal est un traité international qui régit la responsabilité des compagnies aériennes dans la majorité des marchés aériens mondiaux. Son article 19 traite spécifiquement de la responsabilité des transporteurs en cas de dommages causés par un retard de vol, y compris :

  • Les pertes financières dues à des correspondances manquées

  • Les frais d’hébergement

  • Les coûts de réacheminement

  • Les autres dépenses directement liées aux perturbations du vol

Contrairement au règlement EU261, qui prévoit des montants d’indemnisation forfaitaires, l’indemnisation fondée sur la Convention de Montréal repose sur la démonstration de pertes financières réelles et d’un lien de causalité juridique. Cela rend les demandes beaucoup plus complexes et plus fréquemment contestées par les compagnies aériennes.


Pourquoi les compagnies aériennes rejettent automatiquement les demandes d’indemnisation pour vols hors UE

Les compagnies aériennes utilisent fréquemment des modèles de refus standardisés pour les réclamations liées aux vols internationaux. Ces réponses invoquent souvent des limites de juridiction ou l’inapplicabilité des règlements sans analyser en profondeur la structure de l’itinéraire.

Arguments de refus courants :

  • La perturbation s’est produite hors de la juridiction de l’UE

  • Le vol était opéré par une compagnie non européenne

  • Les règles locales de l’aviation s’appliquent

  • Les conventions internationales ne prévoient pas d’indemnisation forfaitaire

Ces arguments peuvent sembler convaincants, mais ils simplifient excessivement des cadres de responsabilité juridiquement complexes.


Exemples concrets d’itinéraires illustrant le fonctionnement de l’indemnisation hors UE

Les itinéraires long-courriers au départ de l’Europe avec des correspondances au Moyen-Orient ou en Asie restent souvent couverts par le règlement EU261 lorsqu’ils sont réservés sous un billet unique.

À l’inverse, les trajets entièrement hors UE opérés par des compagnies non européennes peuvent être exclus du règlement EU261 tout en restant éligibles à une indemnisation au titre des conventions internationales.


Vols hors UE et législations régionales de protection des passagers

Les perturbations de vols internationaux peuvent également relever de cadres régionaux spécifiques, tels que :

  • Le règlement turc SHY sur les droits des passagers

  • Le régime canadien APPR

  • La loi israélienne sur les services aériens

Ces législations se chevauchent fréquemment avec le règlement EU261 ou la Convention de Montréal, générant des conflits de juridiction et des difficultés d’interprétation.


Pourquoi les dossiers d’indemnisation hors UE sont juridiquement complexes

Ces dossiers nécessitent généralement :

  • Une analyse détaillée de la structure du billet et de la continuité contractuelle du voyage

  • L’identification du transporteur aérien effectif responsable

  • La détermination de la juridiction et du droit applicable

  • L’évaluation des arguments de défense opérationnels des compagnies aériennes

  • L’analyse des pertes financières au regard du droit international de l’aviation

Les calculateurs d’indemnisation automatisés fournissent souvent des évaluations erronées dans ce type de situation.


La réalité clé que la plupart des passagers ignorent

Le principe fondamental du droit international de l’indemnisation aérienne est simple, mais largement mal compris :

Les vols hors UE ne sont pas automatiquement exclus de toute indemnisation — ils sont juridiquement plus complexes.

Le droit à indemnisation dépend de la structure contractuelle du voyage, de la responsabilité opérationnelle de la compagnie aérienne, de la juridiction applicable et des cadres internationaux de responsabilité. De nombreux passagers renoncent à des réclamations pourtant fondées, car les refus des compagnies semblent définitifs ou parce que les règles sont présentées comme strictement géographiques.

Le droit aérien international évolue constamment à travers la jurisprudence, l’interprétation réglementaire et les mécanismes transfrontaliers de protection des passagers. À mesure que les alliances aériennes et les réseaux mondiaux se développent, l’évaluation de l’éligibilité à l’indemnisation exige de plus en plus une analyse juridique spécialisée plutôt que des hypothèses géographiques simplifiées.

Les passagers confrontés à des retards de vol, des annulations ou des correspondances manquées sur des itinéraires internationaux doivent comprendre que leurs droits à indemnisation reposent souvent sur des facteurs juridiques qui dépassent largement le lieu de départ ou la nationalité de la compagnie aérienne. Dans de nombreux cas, ce sont précisément les situations internationales les plus complexes qui offrent les droits à indemnisation les plus solides — mais aussi les plus difficiles à identifier sans une analyse juridique approfondie.

Indemnités de vol et demandes d'indemnisation

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